
Un rapport du Congrès américain publié le 13 octobre 2026 reproche à Match Group, maison mère de Tinder et Hinge, d’avoir laissé vieillir pendant des années ses outils de détection des escrocs, au point que près de 1,5 million de comptes malveillants ont « matché » avec de vrais utilisateurs en 2025. Le groupe répond avoir déjà renforcé ses contrôles, avec une vérification faciale imposée aux nouveaux inscrits.
- ▸Enquête d’un an menée par la sénatrice Maggie Hassan au sein du Joint Economic Committee, avec la républicaine Marsha Blackburn.
- ▸Près de 1,5 million de comptes suspects ont obtenu au moins un match sur Tinder ou Hinge en 2025, et environ 500 000 ont échangé des coordonnées.
- ▸Match Group conteste la lecture du rapport et met en avant la vérification faciale et des centaines de nouvelles règles automatiques.
- ▸Aux États-Unis, les arnaques sentimentales ont coûté environ 1,5 milliard de dollars aux victimes sur l’année 2025, selon la FTC.
Que reproche le rapport à Tinder et Hinge ?
Le document a été rendu public le mardi 13 octobre 2026 par l’équipe démocrate du Joint Economic Committee, une commission mixte du Congrès. Il conclut une enquête ouverte l’an dernier par la sénatrice Maggie Hassan, qui en est la membre la plus haut placée côté minorité, avec le concours de la sénatrice républicaine Marsha Blackburn.
Le grief central est technique : la plupart des modèles d’apprentissage automatique chargés de repérer les comptes suspects sur Tinder n’auraient pas été mis à jour pendant des années. Résultat décrit par le rapport : des escrocs qui passent entre les mailles, et une avalanche de faux positifs qui noie les modérateurs humains.
Selon le bureau de la sénatrice, les vues des profils d’escrocs sur Tinder ont progressé de plus de 700 % entre mai 2024 et décembre 2025. Les documents internes cités indiquent aussi que le groupe savait que l’application montrait plus souvent un profil d’escroc qu’un profil ordinaire.
Combien de faux profils ont réellement approché des utilisateurs ?
Le chiffre qui a fait le tour de la presse américaine : près de 1,5 million de comptes classés comme malveillants ont obtenu au moins un match avec un autre utilisateur de Tinder ou de Hinge en 2025. Environ 500 000 d’entre eux sont allés jusqu’à l’échange de coordonnées, ce qui permet ensuite de poursuivre la conversation hors de l’application.
Ce glissement vers WhatsApp, Telegram ou les SMS est précisément l’étape que redoutent les spécialistes : une fois sorti de la plateforme, l’échange n’est plus surveillé par ses filtres. C’est aussi le moment où apparaissent, en général, les demandes d’argent ou les propositions d’« investissement ».
Comment Match Group se défend-il ?
Yoel Roth, vice-président chargé de la confiance et de la sécurité chez Match Group, estime que le rapport « déforme » l’ampleur historique des investissements du groupe et le travail déjà accompli. Il dit aussi le groupe reconnaissant que la commission ait relevé ses progrès récents.
Les mesures mises en avant : une vérification biométrique du visage exigée des nouveaux inscrits sur Tinder et Hinge, qui sert aussi à empêcher un compte banni de revenir sous un autre nom, de nouveaux modèles de détection introduits début 2026, 169 règles automatiques ajoutées et 108 renforcées. Le groupe chiffre à environ 60 % la baisse de l’exposition des utilisateurs aux comptes malveillants.
Aux États-Unis, la vérification par selfie vidéo de Tinder, généralisée fin 2025, aurait réduit de plus de 70 % les interactions avec des escrocs et des robots, selon Match Group. La commission salue ces progrès, tout en jugant qu’il faudra continuer à investir à mesure que les techniques des fraudeurs évoluent.
| Point soulevé | Rapport du Congrès | Réponse de Match Group |
|---|---|---|
| Outils de détection | Modèles de Tinder pas mis à jour pendant des années | Nouveaux modèles début 2026, 169 règles ajoutées, 108 renforcées |
| Ampleur | Près de 1,5 million de comptes malveillants ayant matché | Exposition aux comptes malveillants réduite d’environ 60 % |
| Identité des membres | Escrocs bannis capables de revenir | Vérification faciale des nouveaux inscrits |
Pourquoi l’affaire dépasse les États-Unis
Les arnaques sentimentales ont coûté environ 1,5 milliard de dollars aux Américains en 2025, pour plus de 70 000 signalements, selon la Federal Trade Commission. Le bureau de Maggie Hassan estime que ces pertes ont bondi de près de 650 % depuis 2019. La sénatrice résume : les défenses des plateformes doivent évoluer « rapidement et de façon proactive », car les escrocs utilisent désormais l’IA pour rendre leurs histoires plus crédibles.
Tinder et Hinge fonctionnent avec les mêmes outils de détection d’un pays à l’autre, et les réseaux d’escrocs ne connaissent pas de frontières. En France, la vérification d’identité par selfie et pièce d’identité annoncée par Tinder en 2025 était présentée comme facultative lors de son lancement, d’après la presse spécialisée. Le badge de profil vérifié reste donc un indice utile, pas une garantie.
Quelles suites au Congrès ?
Deux textes sont dans le paysage. Le Romance Scam Prevention Act obligerait les applications de rencontre à prévenir les utilisateurs qui ont échangé avec un membre ensuite banni pour fraude ; la FTC et les procureurs des États seraient chargés de le faire respecter. Un second projet porté par Maggie Hassan prévoit un site centralisé de prévention et de signalement des arnaques, que Match Group dit soutenir.
Yoel Roth rappelle que les arnaques sentimentales sont « un problème de société, qui traverse toutes les plateformes et qu’aucune entreprise ne peut résoudre seule ». Le groupe participe à plusieurs coalitions anti-arnaques, dont le conseil consultatif de la Global Anti-Scam Alliance.
Les signaux d’alerte à garder en tête
Le rapport ne change rien aux réflexes de base, mais il rappelle que le filtre de l’application ne suffit pas. Pour reconnaître le profil type et ses méthodes, notre explication sur ce qu’est un brouteur et comment fonctionne l’arnaque sentimentale détaille les scénarios les plus courants.
- ✓Une demande pressante de quitter l’application pour une messagerie privée dès les premiers échanges.
- ✓Un refus répété de l’appel vidéo, toujours justifié par une caméra en panne ou un pays lointain.
- ✓Une déclaration d’amour très rapide, suivie d’un imprévu qui nécessite de l’argent.
- ✓Une proposition d’investissement, souvent en cryptomonnaie, présentée comme un « bon plan » partagé.
- ✓Des photos trop soignées, introuvables ailleurs, ou un récit qui change d’un message à l’autre.
Questions fréquentes
Tinder et Hinge sont-ils dangereux à utiliser ?
Non, la grande majorité des profils sont authentiques. Le rapport du Congrès américain pointe des outils de détection restés trop longtemps sans mise à jour, que Match Group dit avoir modernisés avec la vérification faciale et de nouveaux modèles. La vigilance reste de mise face aux demandes d’argent ou de coordonnées trop rapides.
La vérification faciale de Tinder est-elle obligatoire en France ?
Lors de son lancement en France en 2025, la vérification par selfie et pièce d’identité était présentée comme facultative. Match Group indique l’exiger des nouveaux inscrits sur Tinder et Hinge dans le cadre de ses mesures récentes, sans détailler les pays concernés : le plus simple est de vérifier dans les réglages de l’application.
Que faire si un match demande de l’argent ?
Ne rien envoyer, cesser l’échange, signaler le profil dans l’application et conserver les captures d’écran. En France, la plateforme publique cybermalveillance.gouv.fr oriente les victimes et, en cas de préjudice, une plainte peut être déposée auprès de la police ou de la gendarmerie.
Sources : The Boston Globe, La Voce di New York, Yahoo News, Online Personals Watch, Journal du Geek.
Article informatif, pas un conseil juridique ou financier.
