Lliga.cat, l’appli de rencontre réservée à ceux qui parlent catalan, séduit déjà 5 000 célibataires

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Et si la langue devenait le premier filtre d’une appli de rencontre, avant l’âge, la distance ou la photo ? C’est le pari de Lliga.cat, une plateforme de rencontre réservée aux personnes qui parlent catalan. Lancée en septembre par deux jeunes de Manresa, en Catalogne, elle s’est ouverte le vendredi 23 octobre à la Communauté valencienne, selon le quotidien catalan Ara. Une initiative de niche, mais qui dit beaucoup de ce que les célibataires reprochent aux grandes applis.

Deux fondateurs de 18 et 20 ans

Derrière Lliga.cat, on trouve Martí Vila, 20 ans, mécanicien et petit entrepreneur, et Teo Garcia, 18 ans, étudiant en mathématiques. Un troisième associé, Lluís Montanyà, 21 ans, les a rejoints pour la communication, d’après le site d’information VilaWeb, qui a présenté le projet à son lancement.

L’idée est partie d’un double constat, raconte Martí Vila à Ara. D’un côté, il serait difficile de trouver des catalanophones sur les applis classiques, selon le milieu dans lequel on évolue. De l’autre, la drague en soirée lui paraît superficielle. Les deux amis se sont donc enfermés cet été dans une maison de Rupit, un village catalan, pour concevoir leur plateforme. Elle a été mise en ligne pour la Diada, la fête nationale catalane du 11 septembre.

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Un test de langue à l’entrée

La particularité de Lliga.cat tient dans sa porte d’entrée. Pour s’inscrire, il faut réussir un petit test de trois questions en catalan, de niveau B2. Les fondateurs le présentent comme un geste symbolique, une déclaration de principe plus qu’un examen. Il sert aussi, selon eux, à écarter une partie des faux profils.

Le dispositif ne fait pas l’unanimité. Martí Vila reconnaît auprès d’Ara avoir déjà reçu des critiques de personnes qui y voient une discrimination. Sa réponse : tout le monde est le bienvenu, à condition de vouloir faire des rencontres en catalan, quel que soit son lieu de naissance.

Une interface volontairement sobre

Pour le reste, Lliga.cat fonctionne comme une appli de rencontre classique, décrit VilaWeb. Chaque utilisateur dispose d’un profil avec photo, âge et description. On fait défiler les autres profils avec un filtre par localisation, et un « j’aime » réciproque ouvre une conversation. Le compte Instagram et le numéro de téléphone restent masqués tant que l’utilisateur ne décide pas de les partager.

Les fondateurs insistent aussi sur la discrétion. Certains utilisateurs ont honte d’être vus sur une appli par des gens de leur village ou de leur entourage, explique Martí Vila. D’où un mode qui permet de garder son identité cachée, l’absence de géolocalisation et une messagerie qui ne s’ouvre qu’après un match. Les profils proposés ne seraient pas non plus triés par un algorithme.

Une critique frontale des grandes plateformes

C’est sans doute le point le plus parlant pour tous les célibataires, catalanophones ou non. Dans VilaWeb, Martí Vila accuse les géants du secteur de ne pas vouloir que leurs utilisateurs trouvent l’âme sœur, puisque leur modèle repose sur le fait qu’ils restent abonnés. Il dénonce aussi les abonnements qui s’empilent, quand il faut payer une première formule puis encore payer pour supprimer la publicité.

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Le duo affirme vouloir l’inverse : aider à trouver une relation le plus vite possible, avec un prix bas et sans publicité. Selon Ara, l’inscription est gratuite et l’accès premium coûte 15 euros par an ou 8 euros par mois. On peut y chercher « une relation », « un plan » ou « on verra », et la majorité des inscrits a entre 25 et 34 ans.

5 000 inscrits en quelques semaines

Le démarrage a été rapide. Moins d’une semaine après le lancement, VilaWeb rapportait déjà des centaines de profils et des serveurs saturés par la demande. Fin octobre, Ara fait état de 5 000 utilisateurs, d’environ 100 nouvelles inscriptions par jour et d’un demi-million de visites par semaine, selon les chiffres communiqués par les fondateurs.

Avec l’ouverture à la Communauté valencienne, la plateforme couvre désormais l’ensemble des territoires de langue catalane. Les catalanophones vivant à l’étranger peuvent aussi s’inscrire. Des applications mobiles pour Android et iPhone sont annoncées, et le projet fonctionne pour l’instant sans financement ni structure d’entreprise, précise Ara.

Ce que ce succès dit des rencontres en ligne

Les applis de niche ne sont pas nouvelles. Il en existe pour les randonneurs, pour les amateurs d’un style musical, ou autour d’une religion. Des sites de rencontre pour catalanophones existaient même depuis les années 2000, rappelle Ara. Mais le cas de Lliga.cat rassemble plusieurs attentes qu’on retrouve chez beaucoup de célibataires lassés du swipe à l’infini.

La première est le besoin de points communs dès le départ. Parler la même langue, c’est comme être supporter du même club, résume Martí Vila : on sait qu’on partage déjà quelque chose. La deuxième est la méfiance envers les algorithmes qui décident de qui l’on voit. La troisième, enfin, est la lassitude face aux formules payantes à tiroirs.

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Reste à savoir si l’enthousiasme du lancement tiendra dans la durée, une fois l’effet de nouveauté passé. Les fondateurs envisagent déjà des groupes thématiques pour sortir de l’écran : randonnée, vélo ou castells, ces tours humaines typiques de la Catalogne. Une façon de rappeler qu’une bonne rencontre commence souvent par une activité partagée, et pas seulement par une photo de profil.

Ethan Monnier

J'écris sur la santé et le bien-être depuis une dizaine d'années, avec l'exigence que ce domaine impose. Mes sujets vont de l'hygiène de vie à la gestion du poids, en passant par la santé bucco-dentaire, le sommeil et la prévention au quotidien. Mon travail consiste à rendre lisibles des informations médicales souvent complexes, sans jamais les déformer. Je m'appuie sur des sources reconnues, je distingue ce qui est établi de ce qui reste discuté, et je rappelle systématiquement qu'un article ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Je me tiens loin des promesses miracles et des régimes extrêmes qui font plus de mal que de bien. Mon angle : aider chacun à prendre soin de soi avec des repères fiables et raisonnables, pas avec des recettes spectaculaires. La prudence et la rigueur priment toujours sur le sensationnel. Retrouvez Ethan Monnier sur ethanmonnier.fr

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