
Depuis le jeudi 22 octobre, Disney+ propose « Swiper avec le diable », une docusérie en trois épisodes consacrée à une affaire qui a marqué les États-Unis : la disparition de Sydney Loofe après un rendez-vous pris sur Tinder, en novembre 2017. Pour les célibataires qui utilisent les applis chaque semaine, la série n’a rien d’un simple divertissement d’Halloween. Elle remet sur la table une question que l’on préfère souvent esquiver : comment se protéger sans renoncer à rencontrer quelqu’un ?
Une série tirée d’une affaire réelle
Le programme, intitulé « Swipe Right on the Devil » en version originale, est une production Hulu, diffusée en France sur Disney+ avec une classification 16 ans et plus, comme le rappelle Selectra dans son article sur la sortie du 22 octobre. Il est réalisé par Brian Biegel.
Les faits sont glaçants. Sydney Loofe, 24 ans, habitait Lincoln, dans le Nebraska. Elle a disparu en novembre 2017 après un rendez-vous avec Bailey Boswell, rencontrée sur Tinder. Son corps a été retrouvé environ trois semaines plus tard, au bord d’une route, à une centaine de kilomètres de l’endroit où elle avait été vue pour la dernière fois, selon la chaîne ABC30, qui a interrogé les réalisateurs. Le compagnon de Bailey Boswell, Aubrey Trail, a été jugé avec elle.
Les deux accusés ont été reconnus coupables de meurtre. Aubrey Trail a été condamné à mort, Bailey Boswell à la prison à vie. En mai 2024, la Cour suprême du Nebraska a rejeté l’appel de Bailey Boswell et confirmé sa condamnation, comme l’a rapporté la chaîne locale 10/11 NOW.
Ce que veulent montrer les réalisateurs
Brian Biegel ne cache pas la noirceur du dossier. À ABC30, il explique avoir rendu visite à Aubrey Trail dans le couloir de la mort et n’avoir rien vu dans son regard : « It was just, it was dead in there. » Le producteur exécutif Christopher St. John insiste, lui, sur le fait que le cœur du récit reste la disparition d’une jeune femme. La série ne parle donc pas d’abord des applis : elle raconte la trajectoire d’une victime et la manière dont l’enquête a avancé.
Pourquoi l’affaire parle à tous les utilisateurs d’applis
Il faut garder la mesure : ce type de drame est exceptionnel. La très grande majorité des rendez-vous pris en ligne se passent sans encombre, et finissent au pire par un verre un peu long ou une conversation qui ne décolle pas. Mais l’affaire Loofe a un point commun avec beaucoup d’histoires qui tournent mal, des arnaques sentimentales aux soirées gênantes : la personne en face n’était pas celle que l’on croyait.
Le profil était séduisant, les échanges fluides, et le premier rendez-vous s’est bien passé. C’est souvent ce climat de confiance qui fait baisser la garde, surtout au deuxième ou au troisième rendez-vous. Regarder la série, c’est aussi l’occasion de revoir ses propres réflexes.
Les bons réflexes avant un premier rendez-vous
Prévenir quelqu’un et partager sa position
Le premier geste est simple : dire à une personne de confiance avec qui l’on sort, où et à quelle heure. Selectra conseille de tester à l’avance le partage de position en temps réel avec un proche. Sur Android, cette fonction reste désactivée tant qu’on ne la lance pas. Il faut aussi vérifier que la localisation et les données mobiles sont bien activées, et partir avec une batterie pleine. Ça prend deux minutes, et ce n’est pas un aveu de méfiance envers son date : c’est une habitude, comme mettre sa ceinture.
Choisir le lieu et garder son autonomie
Pour une première rencontre, un lieu public et fréquenté reste la règle : un café, un bar animé, une balade dans un quartier vivant. Venir et repartir par ses propres moyens permet de partir quand on veut, sans dépendre de l’autre pour rentrer. Mieux vaut éviter d’aller chez quelqu’un que l’on connaît depuis trois jours, même quand le courant passe très bien.
Vérifier le profil sans tomber dans l’enquête
Un appel vidéo avant de se voir élimine déjà beaucoup de faux profils. On peut aussi vérifier que le prénom, les photos et ce que la personne raconte tiennent la route. Méfiez-vous si l’on vous presse de quitter l’appli pour une messagerie privée, si l’on vous demande de l’argent ou si l’on refuse systématiquement de se montrer.
Écouter son malaise
Le signal le plus fiable reste souvent l’intuition. Une insistance pour changer de lieu au dernier moment, des questions trop précises sur votre adresse, un récit qui change d’une fois sur l’autre : rien de tout cela n’est anodin. Écourter un rendez-vous n’a rien d’impoli. Et si la situation dérape, le 17 permet de joindre la police en France.
Regarder la série avec le bon recul
« Swiper avec le diable » n’a pas vocation à faire fuir les applis, et ce n’est pas son propos. C’est un récit de true crime, avec ce que le genre a de dérangeant : on y parle d’emprise, de manipulation et d’un crime d’une rare violence. Pour qui cherche l’amour en ligne, la leçon à en tirer est modeste mais utile : les quelques précautions qui rassurent un proche ne gâchent pas la magie d’une rencontre. Elles permettent seulement de la vivre l’esprit plus tranquille.
